Un paysage vertical
Qu’entend-on quand on dit que la montagne est un paysage vertical ?
On veut dire que, pour comprendre la montagne, il faut tenir compte de l’altimétrie, de l’exposition au soleil, de la pente des terrains, des variations de température et des précipitations en rapport avec l’altitude. En outre, tous ces éléments, multipliés par les changements de saisons, se reflètent à leur tour sur la diversification de la végétation et sur les processus de formation des sols (pédogenèse), déterminant une pluralité de situations et de contextes environnementaux différents, souvent hostiles à la présence de l’homme. Lequel, toutefois, a su transformer les difficultés environnementales en ressource pour la création d’une civilisation alpine qui bouge, montant et descendant les vallées, les traversant de long en large. Les communautés secondent et utilisent la configuration naturelle du territoire par bandes altimétriques, se déplaçant en l’espace de douze mois, le long des sections transversales de vallée, interprétant et modifiant sans cesse la nature des lieux pour l’installation et l’exploitation humaine.
Par conséquent, le paysage vertical devient un paysage du mouvement, où la structuration par bandes altimétriques successives se traduit par la séquence terrain cultivé – pré – bois - pâturage, de même que par l’articulation et par la dispersion physique des habitats et des espaces productifs par rapport au changement des saisons et aux caractéristiques du terrain.
Dans ce contexte, les concepts de adret (versant au soleil, l’endroit) et de ubac (versant à l’ombre, l’envers) suggèrent non seulement la géographie physique mais s’avèrent une clef fondamentale d’interprétation du peuplement alpin : l’adret comme lieu des habitats stables et des terrains cultivés ; l’ubac comme l’espace des bois, des alpages, des demeures temporaires.
(Antonio De Rossi)
