La Lengo de ma Maire - La langue maternelle
Stefano Martini
La langue occitane est, à l’origine, un « dialecte du latin » et prend, de ce dernier, la dénomination « d’oc », c’est-à-dire « hoc est », ce qui veut dire « oui – c’est ainsi ».
Le grand épanouissement littéraire médiéval, qui s’est développé dans la Provence du Midi de la France, fait de l’œuvre des troubadours, un véritable modèle poétique et culturel, adopté par l’Europe tout entière ; leur importance est aussi reconnue au cours des siècles suivants, si bien que les linguistes et les dialectologues de la fin du Dix-neuvième siècle utilisent la dénomination de provençal pour désigner tous les parlers répandus en Occitanie. De nos jours, une classification plus précise regroupe, sous la dénomination de provençal, seuls les parlers de la Provence, c’est-à-dire de la région du sud-est, qui se distinguent ainsi des variétés du languedocien, du gascon, du limousin, de l’auvergnat et, parfois, du dauphinois. Dans l’ouest du Piémont, on trouve l’occitan dans les vallées suivantes : Haute Vallée Suse, les Vallées Chisone, Germanasca et Pellice (dans la province de Turin), les Vallées Pô, Varaita, Maira, Grana, Stura, Gesso, Vermenagna, Pesio, Ellero, Corsaglia et la Haute Vallée Tanaro (dans la province de Coni) et dans certains villages de la province d’Imperia. Les parlers occitans, présents dans les vallées de Coni et de Turin (de la vallée de Suse, au nord, aux valléesVermenagna et Ellero, au sud) appartiennent précisément au groupe du provençal alpin. Est aussi occitane la Commune de Guardia Piemontese, dans la province de Cosenza où, au XV° siècle, s’implanta un groupe de vaudois, qu’une sanglante répression anéantit, par la suite.
A partir du Seizième siècle, quand elle fut bannie en France, la langue d’oc subit différentes vicissitudes, devenant une langue vernaculaire limitée au milieu familial. Ce n’est qu’au XIX° siècle qu’on assistera à une grande renaissance littéraire avec le mouvement Felibrige, créé en 1854 par Frédéric Mistral et, dans nos vallées, vers la fin des années cinquante, à un réveil, qui assumera souvent des implications politiques d’origine autonomiste, ainsi qu’à une floraison d’associations locales.
En 1999, une initiative du Parlement italien semble offrir de nouveaux horizons à la langue d’oc, approuvant la Loi 482 « normes en matière de sauvegarde des minorités linguistiques historiques », qui reconnaît, entre autre, la minorité linguistique occitane d’Italie, à laquelle elle entend redonner une légitime dignité.
Grâce aux financements de la loi, sont mis en œuvre de nombreux projets de la part d’Organismes Publics, d’Associations et d’Ecoles, qui parviennent souvent, toutefois, à n’intéresser qu’une partie de la population locale.
