Mappa del Museo Introduzione Le Alpi al Centro Ambiente e Territorio Una crisi di civiltà L'Uomo e le Alpi Le frontiere del futuro
La contrebande

La contrebande

Les vallées alpines ont été un carrefour pour les échanges commerciaux. Tissus, têtes de bétail, sel, tabac et, plus récemment, café et sucre ont transité par les routes impraticables de la montagne. Une myriade de petits transports a ainsi fourni un apport substantiel à l’économie des villages alpins, qui géraient ces trafics.
Terres de frontières que celles-ci. Frontières changeantes, lentement englouties par la machine de guerre de la maison de Savoie. Géographie enchevêtrée de coutumes, d’exemptions et de privilèges, peu à peu nivelée par le rouleau compresseur de l’administration centrale. Outre le fait d’entraver la libre circulation d’hommes et de marchandises, chaque frontière pouvait se transformer en une ressource pour la contrebande. D’une part la pénurie et, d’autre part, la disponibilité ou, tout simplement, les différences de prix, rendaient particulièrement fructueux le transfert de certaines marchandises par la frontière, au point d’inciter à affronter les désagréments de la route, les intempéries et, surtout, le risque d’être capturés.
Pendant des siècles, cette forme particulière de commerce a fait l’objet d’une activité très répandue parmi les populations de montagne, surtout dans les hautes vallées. Grâce à leur parfaite connaissance du terrain et au soutien de la population locale, les contrebandiers parvenaient généralement à déjouer la surveillance des gardes. Deux conceptions du territoire s’affrontaient : l’une, imposée par les autorités, basée sur la discontinuité et axée sur des frontières nettes et linéaires ; l’autre, basée sur un tissu montagnard à la fois disséminé et contigu, suivant des rythmes de vie lents, en symbiose - une génération après l’autre -, avec  l’espace alpin.

(Dionigi Albera)